D’une simple et folle histoire d’amour, Claudel a tiré une œuvre-monde, ouvrant selon Olivier Py, « la possibilité de représenter tous les pays et tous les peuples par toutes
les formes possibles du théâtre ». Le poème, sur cette scène d’or et de pourpre sertie dans un écrin de nuit, n’en finit plus de déferler. De part et d'autre de l'Océan, qui
devient ici l'amer calice que se tendent Rodrigue et Prouhèze d'un bout à l'autre de l'horizon, les destins brûlent, filent ou clignent comme des astres, composant à eux tous l'épopée
baroque d'une salvation.