En 2001, lors d’un voyage au Burkina Faso, Jean-Louis Martinelli, saisi par l’évidente dimension tragique de l’Afrique, conçoit l’idée d’aborder le texte de Max Rouquette, lumineusement
inspiré de la Médée d’Euripide. Sur cette terre, magie, superstition et sacré font bon ménage avec le quotidien. Par ailleurs, les démocraties balbutiantes, la brutalité des guerres
ethniques, les frontières fragiles donnent une violente résonance à cette tragédie de l’appartenance et de l’exil. C'est donc dans un camp de réfugiés que Jean-Louis Martinelli a choisi
de situer cette Médée, et les femmes qui l'accompagnent. C'est là que Médée attend le retour de Jason. Aux cris et aux exhortations de la fille du soleil répondent les chants composés
par Ray Lema pour le chœur des femmes Bambaras. C’est là que le vaillant argonaute apprendra à la mère de ses enfants qu’il lui préfère le pouvoir et l’argent. Alors, Médée, l’exilée
trahie, deviendra l’héroïne trop humaine d’un crime passionnel.